Mode de vie choisi, espace subi
Que ce soit pour des raisons pragmatiques ou par attraction pour un mode de vie urbain, vivre en ville relève pour la plupart des citadins d'une décision revendiquée.
Cependant, on ne vit pas la ville partout de façon identique, même si être urbain semble correspondre à un état d'esprit à part entière et recherché.
La ville, un choix de vie
Pour 66 % des citadins, vivre en ville relève avant tout du choix d'un mode de vie. C'est une façon d'être, un trait distinctif et considéré comme valorisant par les intéressés.
Cette motivation apparaît particulièrement vraie pour la jeune génération. Les 20-25 ans interrogés à New York déclarent ainsi qu'ils s'ennuieraient en dehors de la ville.
Pour un peu plus d'un tiers de la population urbaine, vivre en ville est un choix, mais un choix principalement commandé par des motifs familiaux ou professionnels.
Un sentiment de contrainte qui touche jusqu'à un habitant sur deux à Mexico et à Londres, mais moins de 20 % des habitants de Pékin, Shanghai ou encore Berlin.
Ma ville, mon choix
On habite dans la ville dans laquelle on vit, tout simplement parce qu'on l'a choisie. Celle-là plutôt qu'une autre. C'est ce qu'affirment 75 % des citadins. Un choix revendiqué par 81 % des non-natifs et, de façon plus symptomatique, également exprimé par 70% des personnes nées dans ces villes.
Comme pour confirmer cette posture, les jeunes habitants de Berlin, New York et Tokyo citent d'ailleurs leur propre ville comme exemple de ce que devrait être la ville idéale.
« Pour moi, c'est vraiment un choix. Et pas seulement pour le travail. Il y a tout un tas de choses à faire. » Un New-Yorkais
La bataille entre le temps qui passe et le temps qui reste
D'une ville à l'autre, il n'y a guère de différence dans la journée type d'un urbain. Et partout, le temps « pour soi » est perçu comme insuffisant. Si bien que tous les urbains interrogés souhaitent un rééquilibrage entre leur vie personnelle et leur vie professionnelle.
Durant la semaine, le citadin dort en moyenne sept heures par nuit, consacre autant de temps à son travail et trois heures au moins à ses loisirs personnels. Il passe deux heures dans les transports, consacre la même durée quotidienne aux tâches domestiques et aux démarches administratives.
Ces contraintes de temps sont vécues comme un frein aux relations sociales et familiales, jugées par ailleurs trop superficielles. On touche ici à un point dur du jugement que les urbains portent sur leurs conditions de vie. Rythme effréné, temps subi : les citadins se rejoignent dans une aspiration commune à disposer de plus de temps personnel. Ils le consacreraient à dormir plus, si possible une heure - deux heures pour les Parisiens - à travailler moins, et à leurs loisirs, famille ou amis...
Temps vécu et temps rêvé : rééquilibrage entre vie professionnelle et vie privée
Question : Comment répartissez-vous votre temps en semaine pour chacune des activités suivantes ?
(8 608 répondants)
À quelques disparités près, la journée type d'un urbain se ressemble quelle que soit la ville étudiée : un temps professionnel qui laisse peu de place au temps personnel choisi.
Attachement global,insatisfactions latentes
Les citadins ont donc choisi la ville, et même leur ville.
Ils l'assument voire ils en sont fiers. Mais il leur faut également en accepter les contraintes directes, notamment liées au coût de la vie et au rythme urbain. Résultat : une satisfaction mêlée de frustrations et de résignation.
Si, en grande majorité, les citadins se disent globalement satisfaits de leur ville (83 %), ces appréciations varient, bien entendu, selon les villes. C'est à Chicago et à Sydney que l'on est le plus satisfait. Le taux de satisfaction est à l'inverse sensiblement plus faible à Alexandrie et à Mexico.
Attachés à leur ville, les citadins sont en revanche moins convaincus par leurs conditions de vie. Seuls 22 % des personnes interrogées s'en déclarent « très satisfaites ».
Avec des disparités importantes selon les villes : cette proportion s'élève à 40 % à Chicago et à Sydney et atteint son niveau le plus bas à Prague, Shanghai et Pékin (10 %).
Par ailleurs, les citadins sont partagés quant à l'appréciation de leurs conditions de logement et de leur quartier. S'ils en sont majoritairement satisfaits, un quart seulement en est très satisfait.Les plus critiques sur ces deux dimensions se trouvent à Tokyo, Pékin et Shanghai.
Des logements qui absorbent un tiers des revenus
La majorité des citadins habitent en appartement et consacrent à leur logement une part significative de leurs revenus.
Un constat commun à toutes les villes étudiées, malgré des nuances selon les zones géographiques. Spécificité du mode de vie urbain,la vie en appartement concerne 53% des citadins.Un sur trois habite dans une maison.
Les deux extrêmes se trouvent à Paris et à Sydney, dont respectivement 4% et 61% des habitants résident en maison.
Toutes villes confondues, la répartition moyenne entre propriétaires et locataires est équilibrée:respectivement 41% et 43%. C'est à Shanghai et à Pékin que l'on trouve le plus de propriétaires (près de huit habitants sur dix à Shangai et six sur dix à Pékin), devant Prague, Sydney, Tokyo et Chicago.
À Lyon, Berlin, New York, Paris et Los Angeles, les locataires sont plus nombreux qu'ailleurs.
Enfin, parmi l'échantillon interrogé, 16% logent à titre gratuit chez leur famille ou chez des amis. Ils sont 63% dans ce cas à Alexandrie, une proportion qui s'explique notamment par la jeunesse de la population. Le logement accapare en moyenne près d'un tiers du revenu mensuel des citadins,soit en remboursement de prêt immobilier,soit en loyer. Il s'agit d'une donnée économiquement structurante du mode de vie urbain, et qui s'avère parallèlement déterminante dans l'appréciation portée par les urbains quant à leurs conditions de vie.
C'est à New York et à Los Angeles que la part du revenu consacrée au logement est la plus importante avec 38%.
Déplacements : Métro, auto, vélo
Ils plébiscitent les transports en commun à Alexandrie, Berlin, Londres, New York, Paris, Pékin, Prague, Shanghai et Tokyo. Ils se partagent entre la voiture et les transports en commun à Mexico.
Les plus gros marcheurs sont à Alexandrie, Lyon et Prague.
Ils roulent à vélo... à Shanghai et à Tokyo (un tiers des habitants).
Les accros du volant sont à Chicago, Los Angeles, Mexico, et Sydney,quatre métropoles dont les habitants disent pourtant détester les embouteillages plus que tout...
Vies de familles
La composition du foyer témoigne d'un net clivage entre les modes de vie des pays occidentaux et ceux des pays émergents. Ainsi, dans les métropoles européennes et nord-américaines,entre un quart et un tiers des habitants vivent seuls, contre seulement 2% à 4% à Shanghai, Pékin, Mexico et Alexandrie. Dans ces dernières villes, la taille du foyer est donc logiquement plus élevée,80% d'entre eux comptant trois personnes ou plus. Avec des réalités sans doute différentes d'un pays à l'autre : cohabitation intergénérationnelle ou nombre important d'enfants par foyer.
Ainsi, à Alexandrie, 34 % des foyers accueillent deux enfants ou plus. À Shanghai et à Pékin, conséquence de la politique de l'enfant unique, les foyers de plus de deux enfants sont quasiment inexistants. C'est la présence de plusieurs générations sous un même toit qui explique la densité des foyers en Chine.
La proportion de foyers sans enfant atteint plus de 70% à Berlin, Paris et Tokyo. Plus globalement, dans les pays occidentaux, le foyer n'excède que rarement deux personnes.
« L'urbain type? Il a de longues journées de travail, et c'est difficile pour lui de faire quelque chose d'autre après. » Un Alexandrin