Qualité de vie : nécessité fait loi
Qu'est-ce qui fonde la qualité de vie ?
Le citadin est d'abord pragmatique, pratique. Avant toute chose, deux conditions doivent êtres réunies, sans lesquelles parler de qualité de vie n'aurait pas de sens : un coût de la vie acceptable et une sécurité assurée.
Alors, et alors seulement, ils évoquent - et leur accordent une indéniable importance - les critères d'environnement, d'équipements, d'organisation, de services. À de très rares exceptions près, ce rappel à des fondamentaux est largement partagé sur l'ensemble des villes concernées.
« Il faut plus d'espaces verts, moins de circulation automobile, des transports plus développés et moins chers... Enfin, surtout qui marchent ! »
Un Londonien
Coût de la vie et sécurité : les deux fondamentaux
Les citadins sont unanimes : la sécurité des biens et des personnes est une condition clé de la qualité de vie.
À Mexico, Los Angeles, Londres, New York, Chicago, Sydney... la dimension sécuritaire apparaît partout comme une condition préalable au bien-vivre.
Autre critère fondamental et dans des proportions équivalentes : le coût de la vie. À quoi bon la qualité de vie si on n'en a pas les moyens ? Une préoccupation à mettre notamment en rapport avec le poids du logement dans le budget familial.
C'est à Chicago, New York, Los Angeles, Alexandrie, Sydney, Berlin et Prague que cette préoccupation est le plus fortement exprimée.
Cette double préoccupation des citadins se retrouve d'ailleurs dans leur définition des priorités d'actions attendues pour améliorer la vie en ville. Ainsi, la réduction du coût de la vie est la priorité d'un urbain sur deux,notamment à Paris, Lyon et New York. Fort logiquement, la réduction du taux de chômage est une préoccupation majeure pour un quart des personnes interrogées,en particulier pour les Berlinois, les Mexicains et les Alexandrins.
L'aspiration à plus de sécurité vient immédiatement ensuite, dans des proportions qui vont jusqu'à 49 % à Mexico et 43 % à Londres. Une aspiration particulièrement portée par les plus de 35 ans.
Les critères de la qualité de vie en ville
Question : Parmi les points suivants, lorsque vous pensez à la qualité de vie en ville en général, quels sont ceux qui vous paraissent les plus essentiels ?
(jusqu'à 3 réponses)
(8 608 répondants)
Pour la grande majorité des urbains, toutes villes confondues, la qualité de vie dépend d'abord du coût de la vie et de la sécurité. Au-delà de ces fondamentaux, sont mentionnés les éléments facilitateurs de vie : la qualité de l'environnement, la qualité des infrastructures, des transports publics...
Et enfin, des éléments d'agrément comme l'offre culturelle et de loisirs.
Au-delà des préalables, une priorité : l'environnement
Ce n'est qu'une fois abordées - on serait même tenté de dire « évacuées » - les deux conditions minimales que sont la sécurité et le coût de la vie, que les urbains témoignent de leurs attentes quant au cadre et aux éléments facilitateurs de vie et d'agrément. Sur ces attentes, les critères qu'ils mettent en avant témoignent certes d'appréciations locales différentes,mais toutes revendiquées avec une même exigence.
Au premier rang de ces critères, l'exigence environnementale est un paramètre essentiel au cadre de vie urbain. Ceci est particulièrement vrai à Shanghai et Pékin,dont les habitants le mentionnent respectivement à 50% et 45 %,et plus généralement chez les jeunes.
Plus d'un tiers des Alexandrins citent la qualité des transports publics et la propreté des rues ; plus de la moitié des habitants de Tokyo, la capacité à sortir facilement de la ville ; un Parisien sur cinq, le bruit et les possibilités de logement ; près d'un tiers des Lyonnais, les facilités de déplacement. Le dynamisme économique,moins cité ailleurs,apparaît comme un critère essentiel dans les villes asiatiques.
La confiance sur l'environnement est mitigée : ainsi, si près de 60 % des urbains pensent que la qualité de l'eau s'améliorera et que la ville intégrera plus d'espaces verts à l'avenir, beaucoup doutent d'une amélioration globale de l'environnement urbain (seuls 44 % y croient).
Le consensus est en particulier moins évident concernant les transports collectifs : 46 % des citadins sont réservés à ce sujet, l'inquiétude prédominant chez plus d'un habitant sur deux à Chicago, Londres, Sydney et Alexandrie et chez les trois quarts des Mexicains (76 %).
« La qualité de l'air ou le bruit en ville, c'est sûr, c'est très important. Mais il faut déjà pouvoir y habiter dans la ville, payer mon loyer... »
Un Parisien
Un optimisme de raison...
L'accès à la culture, à la consommation et aux loisirs sont les garants de la qualité de vie, cité par un urbain sur cinq.
S'il n'a pas le temps de pratiquer autant qu'il le souhaiterait les activités proposées, le citadin perçoit malgré tout leur existence comme un élément de valorisation de l'espace urbain, contribuant notamment au rayonnement international de sa ville. Par ailleurs, ces éléments constituent une force d'attraction particulière pour les habitants nouvellement arrivés.
La capacité de la ville à répondre aux besoins de consommation et de distraction de ses habitants est perçue avec confiance. Plus des deux tiers des citadins se déclarent en effet optimistes quant à la capacité de la ville à satisfaire leurs aspirations en matière d'offres culturelles et de loisirs, de cadre architectural, à proposer des infrastructures suffisantes et de qualité et à faire preuve de dynamisme économique.
... et des raisons d'être pessimiste
Les évolutions sur les fondamentaux que sont la sécurité et le coût de la vie, en particulier la difficulté à se loger, sont majoritairement appréhendées avec angoisse. La plupart des citadins doutent en effet qu'une amélioration soit possible dans ces domaines. Ainsi,plus de 72 % des personnes interrogées se disent pessimistes sur l'évolution du coût de la vie.La cherté de la ville, de la consommation en ville, et notamment le poids du logement - surtout pour les Parisiens et les Londoniens,sont des sujets d'inquiétude majeurs pour l'avenir. Au bout du compte, l'idée dominante est que pour profiter de la ville, il faudra demain, plus encore qu'aujourd'hui, en avoir les moyens.
Sujet de préoccupation actuel, la sécurité engendre également des inquiétudes pour demain. Les citadins, qu'ils soient jeunes, actifs ou inactifs, issus d'un milieu favorisé ou non, expriment un sentiment commun d'insécurité permanente lorsqu'ils se projettent dans la ville à moyen ou long terme. Ce sentiment prend une dimension importante dans des villes comme Mexico et Tokyo.
Ce ressenti partagé sur l'insécurité fait écho à un autre, plus large, sur la violence en ville, qu'elle soit physique ou sociale. La violence fait partie des problèmes liés à la ville, que l'on perçoit avec fatalisme comme un élément d'ambiance, oppressant mais inévitable, sans qu'une quelconque responsabilité y soit associée, ni que des solutions autres qu'une plus grande surveillance soient proposées.
Enfin, parmi les critères environnementaux, la qualité de l'air et les nuisances sonores se détachent notablement comme sujets d'inquiétude dans l'ensemble des villes étudiées, à l'exception de Chicago.