Questions ouvertes

L'étude 2008 de l'Observatoire Veolia permet d'esquisser les grands traits de ce que pourrait être un citadin type.
Au-delà des convergences que ce schéma met en relief, l'analyse des modes de vie fait pourtant ressortir de façon précise les disparités de la vie réelle.

Un urbain type ou des types d'urbains ?

Un autoportrait peu réaliste

Quand ils se dépeignent aujourd'hui et dans l'avenir, les citadins ne sont pas toujours tendres. La sécheresse du trait, et surtout son décalage avec la réalité du moment, donne l'impression qu'ils ne se pensent pas faits pour la ville, car ils n'ont ni le profil ni les ressources qui conviendraient.

L'urbain type vu par ses pairs est un ou une trentenaire, célibataire, sans enfant. Il ou elle évolue dans un réseau social dense, mais superficiel. Il est imaginé dans un futur proche comme un pion voué à la productivité, évoluant dans un univers uniforme et froid.

Dans ce schéma, la ville est représentée plutôt comme un lieu d'exclusion, où la famille et les enfants, les plus défavorisés et les plus âgés n'auraient pas droit de cité. Or, la réalité recensée dans l'Observatoire est tout autre. Elle reflète la diversité d'une vie urbaine bien éloignée de la représentation qu'en donnent ceux qui y sont confrontés.

La population urbaine est composée pour les deux tiers d'actifs, et compte plus d'employés et d'ouvriers que de cadres et de professions libérales. La majorité est âgée de plus de 35 ans, sauf à Alexandrie et à Mexico. De manière générale, les urbains ont peu d'enfants : les deux tiers n'ont pas d'enfants de moins de 18 ans vivant dans leur foyer. Pourtant, la plupart vivent dans des foyers de trois personnes ou plus.

Ces moyennes recouvrent des différences entre villes qui sont autant d'indicateurs sur les modes de vie et la culture locale. La lecture fine des résultats de l'enquête montre un clivage marqué entre les citadins des pays développés et ceux des pays émergents. Les conditions socio-économiques contribuent ainsi fortement à la représentation que chacun se fait de sa ville et aux sentiments qu'il y projette.

Pris entre aspiration et nécessité

L'autoportrait du citadin révèle un sentiment ambivalent d'attraction et de rejet de la ville. S'il critique volontiers son cadre de vie, il apprécie fortement que tout ce dont il a besoin et envie se trouve à portée de main. Hyperconsommateur potentiel, il se plaint du coût de la vie et se montre en fait économe de ses activités, surtout centrées sur les aspects professionnels et les contingences de transport. Il définit la ville comme un espace de rencontres mais déplore la superficialité des contacts et se sent isolé. Il regrette également de se voir réduit à une forme d'anonymat, dans un environnement dont il n'a qu'une maîtrise très relative. L'urbain se caractérise donc par sa difficulté à gérer ses contradictions. Il apparaît ainsi, dans la plupart des villes, tiraillé entre l'envie de partir et le besoin de rester, par l'envie de ne pas y élever ses enfants et celle de leur offrir le meilleur de la ville.

La ville apparaît comme un lieu de projection d'espoirs et d'angoisses fort. La densité urbaine et le gigantisme contribuent à exacerber l'expression de sentiments négatifs bien que les citadins se disent majoritairement satisfaits de leur vie en ville.

Les quatre éléments clés de la vie en ville : coût de la vie, sécurité, environnement et transports

L'Observatoire Veolia met en relief quatre points qui sont perçus comme des enjeux majeurs d'aujourd'hui et de demain par tous les citadins interrogés, toutes villes et populations confondues.

Unanimité sur le coût de la vie

Le coût de la vie est, avec la sécurité, le premier des critères d'évaluation de la qualité de vie en ville. Il est également perçu comme le premier élément susceptible d'améliorer significativement les conditions de vie, devant même l'insécurité. L'angoisse économique transcende tous les clivages nationaux, et induit une exigence étroitement liée à la notion de réussite économique. Dans toutes les villes prévaut la crainte de voir la ville s'organiser plus encore qu'aujourd'hui comme un espace pour riches, duquel serait exclu tout individu sorti du schéma de la réussite économique et sociale.

L'insécurité, un sentiment latent et universel

Le sentiment d'insécurité apparaît comme une préoccupation constante. La projection à trente ans fait de la violence le thème le plus sensible : de latent, le phénomène devient angoisse. En réponse à cette anxiété, la ville de demain est décrite comme un espace saturé de caméras. L'aspiration à une plus grande clarté peut être décryptée comme le souhait d'une plus grande fiabilité de l'espace.

L'environnement en question

Les citadins sont de plus en plus préoccupés par la gestion de l'environnement, et plus particulièrement par le trafic, la qualité de l'air et de l'eau, les espaces verts. Même s'il ne semble pas s'agir aujourd'hui d'un facteur suffisant pour freiner l'envie de vivre en ville, l'insatisfaction actuelle pèse fortement sur les représentations que l'on se fait de l'espace urbain.

Les transports, un élément primordial

Les transports sont l'un des thèmes prépondérants de la vie en ville. Alors que les citadins apprécient tout particulièrement la ville pour les facilités de déplacement qu'elle leur offre, ils la détestent également du fait de ses embouteillages.
La lutte contre la circulation automobile apparaît ainsi comme un enjeu majeur pour le futur, qui peut aller jusqu'au souhait de supprimer la voiture dans la ville.

La culture et les loisirs, facteurs d'attachement

La production culturelle et de divertissements est un élément qualitatif important pour le citadin. La culture constitue notamment un élément de rayonnement international apprécié. Elle fait de la ville un espace dynamique, attractif vis-à-vis de l'extérieur, et alimente la fierté d'appartenance.

Au final, les conclusions de l'Observatoire sont rassurantes. Même s'ils sont critiques et inquiets, les urbains sont loin d'être en rupture avec leur ville et ont l'impression, même si cette situation leur paraît instable voire angoissante, d'être des privilégiés. Améliorer les conditions de vie et renforcer l'attractivité du statut de citadin sont des priorités pour la ville de demain. La pression démographique lui permettra-t-elle d'y répondre ?

Il appartient aux acteurs de la ville d'apporter des réponses à ces questions. Pour les éclairer dans leurs choix,Veolia Environnement met cet Observatoire à leur disposition.
Cette étude sera approfondie, sur un rythme bisannuel, afin d'en étendre le champ, en étudiant d'autres villes et en creusant les problématiques et les sujets abordés. L'Observatoire Veolia proposera également aux acteurs de la ville et aux différents experts qui travaillent sur le sujet, de participer à sa démarche pour la nourrir.