Amsterdam, capitale écologique
Amsterdam, la ville aux mille jardins, aux péniches innombrables, affiche une image très écologique dans l'opinion publique européenne. Et si les états du nord de l'Europe sont souvent cités en exemple pour leurs engagements en faveur du développement durable, Amsterdam se veut une ville exemplaire à tous les niveaux. Interdiction des véhicules au diesel, introduction des bus à hydrogène, avec comme objectif affiché d'ici à 2025 de réduire de 40% les émissions de CO2 par rapport au niveau de 1990. Depuis la mise en place de ce plan, le trafic automobile a déjà baissé de 25%, alors qu'il a augmenté...de 60% dans le reste des Pays-Bas.
D'autres initiatives hollandaises visent à réduire encore plus les consommations d'énergie : développement de l'énergie géothermique grâce aux anciennes mines de charbon de Heerlen dans la région de Maastricht, ou transformation des serres de Venlo en mini centrales calorifiques, par exemple. La ville du Nord compte bien profiter de toutes ces initiatives et s'installe à la pointe du développement durable.
En mai dernier, la mairie d'Amsterdam a mis en service six voitures électriques, les Th !nk city, avec une borne de recharge pour les alimenter et d'ici à 2012, ce sont 200 bornes qui devraient être déployées. Sur le plan national, un programme « développement durable » prévoit de dédier 65 millions d'euros à l'installation de la voiture électrique. A Amsterdam, deux femmes politiques y croient dur comme fer. Jacqueline Cramer, ministre de l'Environnement et Marijke Vos, en charge de l'Environnement à la municipalité. D'après la ministre, ce sont « 10 000 véhicules électriques qui fonctionneront à Amsterdam en 2015, voitures particulières mais aussi camions, taxis, véhicules municipaux ». Et ce chiffre devrait monter à 40 000 d'ici à 2020 d'après la conseillère municipale, pour un objectif « tout électrique » en 2040.
Gazon béni
Avec ses 750 000 habitants, une petite capitale à l'échelle européenne, la municipalité a décidé de se doter de toits verts, recouverts de gazon ou de plantes en pot. 100 000 euros ont déjà été investis, par exemple sur le toit du Stopéra, l'opéra de Waterlooplein. Championne des espaces verts, la ville entend développer les toits « végétalisés », déjà adoptés par certains habitants de péniches. Et deux grandes mairies d'arrondissement, Centrum et Oud-Zuid, incitent les particuliers à installer ce type de revêtement. « Les toits verts ont le gros avantage de retenir l'eau de pluie, explique une conseillère de Wijkcentrum Ceintuur, ce qui évite aux égouts de déborder et de polluer les canaux ». L'une des conditions posée par l'arrondissement consiste à utiliser une plante de rocaille, la Sedum, qui ne demande aucun entretien et stocke l'eau dans ses feuilles. Elle produit des fleurs multicolores qui donnent de l'oxygène bien sûr, mais attire aussi les insectes et les oiseaux et contribue à renforcer l'écosystème urbain. Ces toits verts ne sont d'ailleurs pas réellement une découverte. Dans les campagnes hollandaises, du gazon pousse sur les toits inclinés des maisons traditionnelles depuis des siècles. Et même dans Amsterdam, depuis la vague hippie de la fin des années 60, les toits verts et les jardins en terrasse s'étaient multipliés.
Se chauffer grâce...aux mines
Après les toits, comment profiter des ressources du sous-sol ? 250 logements, un supermarché et un centre culturel profitent déjà d'un mode de chauffage original à Heerlen, près de Maastricht. Vingt-cinq ans après leur fermeture, les anciennes mines de charbon retrouvent une utilité. En effet, depuis l'arrêt de la production en 1970, ce ne sont pas moins de onze millions de mètres cube d'eaux pluviales qui on inondé les mines. Avec une température de 18° à 250 mètres de profondeur, la température peut monter jusqu'à 28° à moins 700 mètres. Plusieurs conduites ont été aménagées à partir de puits, les eaux utilisées étant ensuite réinjectées dans les mines, pour un fonctionnement presque autarcique qui fournit 80% des besoins annuels en chauffage de la ville d'Heerleen. Le réseau s'étend sur sept kilomètres aujourd'hui mais devrait grandir rapidement. Pour que le projet devienne viable, il a fallu aussi adapter les bâtiments aux normes d'économie d'énergie. « Par rapport à des solutions énergétiques traditionnelles la conception des bâtiments et l'exploitation des eaux minières permettent chacune une réduction des émissions de CO2 de 30% », précise Bart Wauben, l'architecte chargé de la réalisation. Bien sûr, tout cela coûte cher, 16 millions d'euros investis par la municipalité et la région. Mais comme à Amsterdam, les autorités ont décidé de se permettre des budgets à long terme et c'est tout un pays qui affiche ainsi son volontarisme.
Sur le développement de la ville connectée
www.internetactu.net/2008/10/09/vers-la-ville-durable-et-connectee-un-chemin-plus-tortueux-quil-ny-parait/
Déchets, eau et énergie
www.lepost.fr/article/2009/10/18/1748174_a-amsterdam-une-usine-integre-dechets-energie-et-eau.html
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